Le règne du coton et du polyester : quelles différences ? comment choisir ?

Dans une époque où eco-friendly, going green et recyclable sont des atouts pour les ventes, on aurait tendance à choisir sans hésiter la matière naturelle star : le coton.

Pourtant, lorsque l’on gratte un peu, on s’aperçoit vite que le constat est plus nuancé. En effet, si l’on se penche sur les deux matières les plus utilisées dans l’industrie textile, c’est-à-dire le coton, naturel donc, et le polyester, le concurrent synthétique, on notera que les deux peuvent se défendre.

Le coton

Commençons donc par le favori de la majorité je pense, le coton. Nous le retrouvons dans quasiment tous les vêtements : t-shirts, chemises, denim, sous-vêtements, etc. Plus de la moitié de notre garde-robe est en coton. Et je ne compte pas notre linge de maison !

Le coton comme nous le savons, est très peu fragile. En effet, depuis combien de temps avez-vous votre jeans Levi’s ou ce Polo Lacoste dans votre armoire ? Avec ces deux références, on peut rebondir sur le fait que les articles en coton sont en général des basiques, intemporels. Une simple chemise blanche, à moins d’avoir été victime d’une catastrophe culinaire, peut se garder des années.

Le coton est également très facile d’entretien comme les meilleurs ménagers ou ménagères qui me lisent, pourront confirmer.

Le coton est réputé pour être très confortable également. Dois-je vous rappeler le vieux t-shirt troué que vous retrouvez à chaque fois que vous passez la porte de chez vous après une journée harassante ? Il est vieux, abimé, sans forme, vous ne vous souvenez même plus de sa couleur d’origine, mais pourtant vous ne voulez le jeter pour rien au monde car vous êtes si bien dedans !

En ajoutant le fait qu’il soit hypoallergénique, le coton on l’aime, on l’adore et on l’achète ! Surtout au profit de matières synthétiques à la réputation d’être non qualitatives ou faites de composants bien trop chimiques.

Cependant, bien qu’étant la star des fibres textiles, le coton a aussi ses côtés sombres. En effet, les impacts environnementaux à la fabrication sont conséquents, pour ne pas dire dramatiques. En effet, près de 5000 litres d’eau sont nécessaires pour produire un kilogramme seulement de coton ! Cela a eu pour conséquence, pour n’en citer qu’une, l’assèchement de la mer d’Aral (je vous laisse vérifier l’information sur Google). Cela sans compter l’utilisation de pesticides dans les champs de coton et de métaux lourds pour la coloration de la fibre. Rien que ça !

Plus si inoffensif que ça votre t-shirt favori, n’est-ce pas ?

Le polyester

Passons maintenant à son concurrent principal, le polyester donc. On aurait tendance à penser que cette fibre est moins qualitative, présente moins bien que le coton. Son avantage principal serait le prix, plus abordable qu’un vêtement similaire en matière naturelle.

Cependant, il faut savoir que le polyester (sous différentes variantes en fonction des performances souhaitées) est majoritairement présent dans le monde des vêtements techniques, liés au sport donc. En effet, il est très respirant ce qui est par conséquent très important dans ce milieu.

Les vêtements en polyester sont d’une très grande élasticité, ne se froissent pas facilement et demandent très peu de précautions d’entretien. Le petit détail qui aura son importance également, nos minuscules colocataires, à savoir les mites, ne s’attaquent pas à cette matière !

De plus, comme nous l’avons évoqué, le polyester du fait de son faible coût de production, en fait un concurrent plus abordable que le coton.

N’est-ce pas idéal sur le papier ?

Du côté des points négatifs, car il n’est pas non plus exempt de tout reproche, le toucher d’un textile en polyester sera plus rêche qu’un textile en coton. On préfèrera donc la douceur et le confort de son adversaire.

Il est également facilement salissant, votre chemise en polyester vous pardonnera bien moins facilement votre manque d’adresse en face d’un plat de spaghetti bolognaise !

Qu’est-ce qu’en pense la planète maintenant ? Eh bien elle aussi est assez partagée. Le polyester n’est pas ce qui se fait de plus « eco friendly » non plus !

Déjà au niveau de la production, comme certains d’entre vous le savent peut-être déjà, l’usage de pétrole est nécessaire à la fabrication de vos vêtements en polyester : 1,5Kg de pétrole pour 1Kg de polyester. Connaissant les aspects polluants de cette matière première et le fait qu’il s’agisse d’une ressource non renouvelable, on a connu plus écolo n’est-ce pas ?

La teinture du polyester n’est pas simple et elle nécessite ainsi des produits toxiques pour l’environnement afin d’atteindre le rouge flamboyant de votre nouvelle robe estivale ou le bleu indigo de votre chemise favorite. Je ne cherche en aucun cas à vous faire peur !

Certaines des particules de ces produits, peuvent être rejetées dans l’environnement par les eaux usées et ainsi contaminer les milieux aquatiques. Je ne cherche pas non plus à vous faire culpabiliser et vous faire porter le chapeau de la disparition de Némo et ses amis…

Quelle conclusion pouvons-nous apporter en sachant tout cela ?

Se balader nus dans la plupart des endroits sur Terre n’étant pas envisageable, il va bien falloir trouver une solution.

L’une d’entre elle se trouve peut-être dans le fait de privilégier le coton biologique qui nécessite moitié moins d’eau et des engrais certifiés naturels lors de la production. La plupart des grandes marques (H&M, Zara, etc.) proposent des vêtements en coton biologique, n’hésitez pas à y jeter un coup d’œil.

Du côté synthétique on peut également se tourner vers le lyocell ou commercialisé également sous le nom de Tencel®. Il s’agit d’une fibre entièrement constituée de cellulose et biodégradable. Produit à partir de pulpe d’eucalyptus, sa fabrication se fait en utilisant des solvants non toxiques et recyclables à 97%.

Sinon essayer de ne pas trop vous prendre la tête non plus, ce n’est pas le but. Tout n’est pas blanc ou noir dans le monde du textile comme partout, et c’est là le message à retenir dans cet article. Tout comme on le fait avec les produits alimentaires, se renseigner sur les marques et sur les composants de nos vêtements avant d’acheter, seront des démarches déjà bien appréciables et utiles.